ΕΥΓΕΝΙΑ ΚΡΕΜΜΥΔΑ, Ο Γρηγόρης Κούππας, το "επάρατον γένος" και ο "κακός δαίμων του πανσλαβισμού". Ιδεολογικές απόψεις του ελληνισμού της Διασποράς (1863-1883), Μνήμων, 29|2008, 93-119


Grâce à un témoignage rare, cet article met en scène un jeune employé commercial, Grégoire Couppas (G. C.) qui immigra en Russie du sud et y vécu pendant la période transitoire que fut la seconde moitié du XIXe siècle. Les lettres (il s’agit en effet de cahiers de première écriture) qu’il adressa à sa famille et ses amis entre 1863 et 1883 constituent une véritable mosaïque où les informations sur les pratiques commerciales s’entremêlent au récit d’un parcours personnel tout aussi fascinant. Ce témoignage de la vie privée et de l’évolution de la pensée chez un homme à la force de l’âge permet de tracer le portrait idéologique d’un membre typique de la diaspora grecque au cours d’une période marquée par les signes prémonitoires de l’imminent déclin des communautés grecques de la région. Parcourant Odessa et les autres villes-centres commerciaux de la Mer Noire à la recherche de meilleures affaires, G. C. garde son regard fixé vers la Grèce et en général vers l’hellénisme. Il s’agit là d’une identité nationale aux facettes multiples: dans le monde clos de la communauté grecque d’Odessa, l’identité nationale se forge par opposition à la communauté juive, antagoniste aussi bien au niveau économique qu’au niveau social. Ce conflit intercommunautaire, dérivant de l’antagonisme commercial, trouve son expression dans le vécu quotidien de G. C. qui fut témoin d’un des premiers pogroms subis par les juifs de la région. Mais la notion d’hellénisme à laquelle G. C. s’identifie, celle qu’il défend, dépasse largement les limites de la communauté locale. Elle embrasse les grecs de part le monde. Εn cette période d’éveil des nationalismes en Europe, il s’agit bien de défendre l’hellénisme, pense G. C., et surtout contre son principal adversaire, le panslavisme. Le conflit entre le nationalisme grec et celui des peuples slaves porte des caractéristiques différentes que celui contre des juifs. Il dérive des lectures de G. C. plutôt que de son vécu, mais la menace du panslavisme ne lui semble pas moins réelle. Le nationalisme prend ainsi une place prépondérante dans l’idéologie de G. C., dont le portrait politique reste, lui, plutôt flou. Bien que très attaché aux régimes constitutionnels, il n’exprime jamais sa préférence pour un des régimes européens de son temps. Ce profil idéologique est typique des grecs de cette période, où la préoccupation de la question nationale vient souvent bloquer la voie qui mène vers la maturité politique.

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