ΑΓΓΕΛΟΣ ΝΤΑΛΑΧΑΝΗΣ, Μεταξύ παροικίας, μητρόπολης και διασποράς. Στρατηγικές μετανάστευσης για τους Έλληνες της Αιγύπτου, 1945-1956, Μνήμων, 31|2010, 187-214


Angelos Dalachanis, Entre paroikia, métropole et diaspora. Stratégies de migration pour les Grecs de l’Égypte, 1945-1956La majorité de la population grecque s’étant installée en Égypte à partir du début du XIXe siècle, a quitté définitivement le pays au cours des années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Pendant la période en question, les Grecs devaient répondre de façon urgente à un dilemme: soit s’adapter à la nouvelle réalité égyptienne, tant sur le plan social et économique que sur le plan culturel, soit quitter le pays. En même temps qu’un débat sur l’adaptation était en cours, un mouvement de migration s’est mis en place, suivant deux voies principales: vers la Grèce et vers des destinations, qui étaient pour la plupart des centres de la diaspora grecque. La position adoptée par l’État grec concernant ce mouvement de migration était claire: l’État grec a non seulement essayé d’empêcher un rapatriement massif de ses «compatriotes», mais il a aussi organisé leur migration vers des destinations lointaines, en coopération étroite avec la Chambre de Commerce grecque d’Alexandrie et des organisations internationales (le Conseil æcuménique des églises et le Comité intergouvernementale des Migrations de l’Europe). En examinant les stratégies adoptées visant à faciliter la migration des Grecs de l’Égypte, cet article tente d’insérer le phénomène du départ de Grecs de l’Égypte dans un contexte plus vaste à partir de trois axes différents: la réalité égyptienne (nationale et communautaire), la réalité grecque de la métropole et celle de la diaspora, et ce afin d’analyser les facteurs qui ont sapé les fondements de la présence grecque en Égypte. Notre analyse se fait à trois échelles: à l’échelle individuelle d’abord, en se focalisant sur le rôle des acteurs; puis à l’échelle institutionnelle, à savoir des institutions grecques et internationales fonctionnant en Égypte; et enfin, à l’échelle étatique, en examinant à la fois la politique de l’État grec et celle de l’État égyptien. Un regard croisé sur ces trois échelles nous permet de mettre en lumière les particularités, les configurations complexes et les différents enjeux du mouvement migratoire des Grecs d’Égypte dès la fin de la guerre et jusqu’à la crise de Suez, bien en amont du mouvement d’«exode» du début des années 1960. 

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